- Préface
- Introduction
- Le risque à vélo : faire tomber les préjugés
- Les aménagements dangereux pour les cyclistes.
Qu’en est-il en France ?
- Quelques bonnes pratiques européennes
- Nos besoins et nos demandes
- Conclusion
- Annexes
Les différents cheminements cyclables
1) Les pistes cyclables et les Voies vertes
Ces cheminements doivent répondre à un besoin de sécurité
accru, pour une population de cyclistes quotidiens et utilitaires utilisant
ces aménagements dans le cadre des trajets domicile/travail, scolaires
et périscolaires et l'accomplissement des tâches de la vie
courante. Cette même population utilise également ces mêmes
aménagements dans le cadre du vélo promenade et familial.
Ces cyclistes sont très souvent pour partie, des usagers cyclistes
intermittents, et par conséquent inexpérimentés.
Ils sont plus à l'aise en site propre qu'en site partagé,
ou la pratique demande régulièrement de l'anticipation face
aux aléas des parcours et du partage des voies de circulation.
On constate de ce fait un taux d'utilisation plus élevé
encore sur les Voies vertes hors agglomérations, celles-ci se prêtant
mieux à une pratique de promenade et de randonnée plus ludique.
Dans l'ensemble, les pistes cyclables répondent aux besoins des
cyclistes cités, mais pêchent fortement sur certains aspects.
Ce sont parfois de véritables "points noirs",
très souvent à l'origine de la non utilisation de ces aménagements
cyclables, provoquant ainsi le report des cyclistes dans la circulation
partagée :
• les manques de continuité,
• une prise en compte inadaptée de la pratique du vélo
aux intersections et aux raccordements aux voies partagées (début
et fin de piste),
• le traitement des zones à risque - ex : sorties de propriétés
(trop de perte de priorité, manque de marquage au sol à
la résine de couleur verte),
• la présence de plots courts et à mi-hauteur non
pré-signalés au sol (nombreuses chutes),
• les barrières "sas" incompatibles avec les tandems
ou les PMR (Personne à mobilité réduite),
• le partage anarchique et non séparé de l'espace
avec les piétons,
• le manque de signalétique directionnelle spécifique
pour les cyclistes,
• le manque d'entretien (balayage et réfection),
• les différence de niveau aux entrées et sorties
de propriétés,
• le manque de décrottoir aux intersections avec les chemins
de terre.
Nota : sauf pour des raisons sécuritaires avérées,
et comme le permet le Code de la route ( Art. R.431-9) les pistes cyclables
ne doivent pas être rendues obligatoires, mais facultatives ceci
afin de permettre aux cyclistes expérimentés de rester sur
les chaussées à circulation partagée.
2) Les bandes cyclables / Les accotements revêtus
Lorsque la mixité (cyclistes dans la circulation partagée)
ne répond pas aux besoins sécuritaires des cyclistes, la
séparation des trafics sur une même chaussée par une
bande cyclable de même qualité de revêtement que la
chaussée principale, peut répondre à ces besoins.
C'est le cas notamment lorsque le taux de circulation automobile atteint
ou dépasse 2000 véhicules/jours, en montée sur route
étroite, en virage avec mauvaise visibilité, aux abords
de points singuliers tels que les rétrécissements de chaussée
avec terre plein central, où encore les tourne-à-gauche
équipés du même type de terre plein central.
La réalisation de bandes cyclables, souvent remplacées en
rase campagne par les accotements revêtus (accessibles aux cyclistes
R. 311-1 et R. 431- 9 du Code de la route ) est malheureusement loin d'être
systématique. Ce manque de réalisation de moindre coût
lorsqu'elle est réalisée d'un seul tenant soit en même
temps que la chaussée, soit lors de la réfection de celle-ci,
est à
l'origine de nombreux accidents graves et mortels.
Dans le cas des rétrécissements de chaussée (mise
à une voie de circulation où tourne-à-gauche) et
afin d'éviter le phénomène de cisaillement lié
aux trajectoires entre automobilistes et cyclistes, la bande cyclable
doit alors être protégée par une bordure, un merlon
ou un zébra peint. Elle se transforme alors en By-pass, (piste
cyclable au même niveau que la chaussée ou légèrement
surélevée).
Les accidents les plus graves entre les automobiles, les poids lourds
et les cyclistes (seuls ou en groupe) sont ceux ayant été
provoqués par un choc par l'arrière dans le même sens
de circulation. Les origines étant pratiquement toujours les mêmes
: la vitesse,
la perception tardive des cyclistes, et donc le non respect du Code de
la route (intervalle de 1 m ou 1,50 m entre le véhicule à
moteur et le cycliste. R. 414-4).
3) Les routes "TRANQUILLES"
Ce réseau routier correspond en général à
un trafic automobile d'environ 1 500 véhicules/jour et répond,
sauf cas particuliers, aux besoins des usagers cyclistes, à savoir
: une route "apaisée" ou la pratique partagée
entre tous les usagers demande, peu ou pas d'aménagements cyclables
; si ce n'est une signalétique directionnelle spécifique.
Ces routes tranquilles sont des parcours de substitution à certaines
dessertes routières, où la densité automobile est
un danger permanent pour les usagers vulnérables.
Que faire ? Des solutions existent.
Le potentiel comporte deux axes bien précis :
• la formation et l'information des usagers.
• la prise en compte systématique des usagers cyclistes dans
les aménagements routiers avec l'adaptation du Code de la route
à certaines spécificités des cyclistes.
1) La formation et l'information des usagers :
Lorsque l'on examine les supports de formation à la conduite automobile,
qu'ils soient audiovisuels ou manuscrits, on est surpris de constater
combien le domaine "Partage de la route" entre
les usagers motorisés et les usagers vulnérables, que sont
les cyclistes, est infime et superficiel. C'est en grande partie pour
cette raison que la FFCT a édité le dépliant "Automobilistes,
merci de votre attention !". Édité depuis
2005, à raison de 2 millions d'exemplaires chaque année
et ce pour une période de quatre ans, sa diffusion va permettre
de mener de nombreuses campagnes de sensibilisation auprès des
automobilistes, chauffeurs de poids lourds et transports en commun. Le
but : prévenir la plupart des risques d'accidents entre les usagers
motorisés et les cyclistes, en expliquant les spécificités
de la pratique du vélo.
Les premiers usagers concernés, sont les nouveaux détenteurs
de permis de conduire, à qui le dépliant cité est
remis par les préfectures et sous-préfectures.
Cette action, si elle a le soutien et la participation des ministères
concernés, ne doit pas se suffire à elle-même. Depuis
de nombreuses années, les chaînes de télévision
nationales passent régulièrement des "spots" de
prévention routière concernant l'ensemble des usagers motorisés,
mais jamais (ou très rarement) nous ne voyons d'équivalent
pour les usagers vulnérables cyclistes et piétons.
Nous demandons que la Sécurité routière et les autos-écoles,
prennent en compte régulièrement cet aspect préventif,
et ne laissent pas cette responsabilité aux fédérations
nationales d'usagers qui, certes sont partie prenante, mais fort démunies
au regard des possibilités du secteur public et privé, des
médias et de l'audiovisuel.
2) La prise en compte systématique des usagers cyclistes
dans les aménagements routiers
Au-delà de cette obligation très souvent ignorée,
(voir paragraphe 1 du "Les aménagements
dangereux pour les cyclistes"), la qualité des aménagements
cyclables est également loin d'être ce que sont en droit
d'attendre les cyclistes (voir page 17 la liste des "points noirs"
cités dans les paragraphes 1 et 2 ).
La mixité des usagers routiers (cyclistes dans la circulation partagée)
impose que cette pratique soit analysée au cas par cas. Il ne peut
y avoir de règle générale en fonction de la densité
du trafic automobile, du profil et des possibilités d'emprise de
la chaussée.
Lorsque l'on sort du cas de la route dite tranquille, la pratique cycliste
doit impérativement être prise en compte par la réalisation
de bandes cyclables ou d'accotements revêtus, avec une largeur minimum
de 1,25 m.
Pour les zones particulières ou zones à risques maximum,
telles que virage, rétrécissement de chaussée, mise
à une voie de circulation, route à forte pente (sens montant),
les tourne-à-gauche (TAG), l'accotement revêtu doit se transformer
en bande ou piste cyclable avec séparation par un merlon ou un
zébra.
Il en est de même en ce qui concerne les giratoires de moyenne et
de grande dimension (rayon moyen supérieur à 15 m), où
la prise en compte des cyclistes est également primordiale, y compris
en amont et en aval des branches d'entrée et de sortie.
De l'ensemble de ces points singuliers, quatre situations sont
particulièrement accidentogènes :
• a) les tourne-à-gauche (TAG),
• b) les rétrécissements de chaussée avec mise
à une voie de circulation pour chaque sens de circulation,
• c) les routes avec une voie de circulation dans chaque sens, comportant
une bande blanche continue sur le côté gauche du sens de
circulation,
• d) les raccordements des pistes cyclables bi-directionnelles avec
la circulation partagée.
Points a et b :
Si ces deux aménagements routiers, ne répondent pas aux
mêmes besoins de sécurité pour l'ensemble des usagers,
création d'un "sas" d'attente pour le tourne-à-gauche
et réduction de la vitesse pour les rétrécissements
de chaussée ; ils provoquent cependant les mêmes effets négatifs
pour les usagers cyclistes si leur pratique n'est pas prise en compte.
Ces deux photos montrent ce qu'il est possible
de réaliser aujourd'hui, dans le respect du Code de la route et
des différentes directives techniques mises à la disposition
des aménageurs routiers ; et ce qui n'est pas acceptable.
Dans certains cas de rétrécissements de chaussée
(b) et de TAG (a) particulièrement accidentogènes, nous
demandons que soit prise en considération la situation de "poussée
du cycliste" par les autres véhicules. Pour cela, nous réitérons
notre demande faite en 2004 en ce qui concerne la création d'un
panneau d'interdiction de doubler un cycliste ; ainsi que l'application
de la préconisation faite dans Les recommandations pour les
itinéraires cyclables du Certu ( RIC ) paragraphe 9.2.8 page
54, en limitant les îlots à 70 m (déport + alignement
droit). Par contre, il n'est pas forcément utile d'avoir systématiquement
des terre-pleins centraux ainsi que des protections de By-Pass pour cyclistes
en dur. (voir photos ci-dessous).
Point c
Ces routes (tous réseaux
confondus) pour une très grande majorité d'entre elles,
ne comportent pas d'accotements revêtus utilisables par les cyclistes.
Cette situation très accidentogène, est encore accentuée
lorsque certaines voies de circulation sont équipées de
ligne blanche continue interdisant aux véhicules de franchir celle-ci
pour dépasser un autre usager, y compris les véhicules très
lents. Dans ces zones à risque, le cycliste se trouve dans la même
situation de "poussée" décrite dans le paragraphe
précédent pour les TAG et les rétrécissements
de chaussée.
Ce phénomène routier est le plus fréquent qui existe
sur le réseau français. Il demande une analyse et une prise
en compte adaptée en fonction du profil et de l'emprise des routes.
Où se trouve la vérité ?
La photo en bas de page précédente illustre une infraction
caractérisée au Code de la route, mais le cycliste est en
toute sécurité.
La photo de droite elle, pose la question : peut-on doubler un cycliste
? pour nous la réponse est simple : non ! Que dit le Code de la
route ?...
Nous considérons, les actions potentielles au nombre de trois
:
• la réalisation de bandes cyclables ou d'accotements revêtus,
• la mise en place de panneaux "Interdiction de doubler un
cycliste",
• la modification du Code de la route autorisant les automobilistes
à chevaucher la ligne blanche continue, voire à utiliser
tout ou partie de la voie de circulation opposée ; lorsqu'en l'absence
de véhicule venant en sens inverse, l'opération ne présente
aucun danger (inspiration du Code de la route Espagnol).
En dehors de ces "zones de conflits", et afin d'assurer une
cohabitation durable, de nombreux départements ont mis en place
sur leur réseau routier des points de rappel de l'article R. 414-4
I à IV : "Avant de dépasser, tout conducteur doit
s'assurer qu'il peut le faire sans danger. Pour effectuer le dépassement,
il doit se déporter suffisamment pour ne pas risquer de heurter
l'usager qu'il veut dépasser. Il ne doit pas en tout cas s'en approcher
latéralement à moins d'un mètre en agglomération
et d'un mètre et demi hors agglomération s'il s'agit d'un
véhicule à traction animale, d'un engin à deux ou
trois roues, d'un cavalier ou d'un animal ".
Ces initiatives qui rejoignent l'idée lancée il y a maintenant
plusieurs années par la FFCT, sont de plus en plus nombreuses et
très appréciées par les cyclistes. Les usagers vulnérables
ont leurs particularités et des besoins spécifiques, il
est primordial de le rappeler dans certains points singuliers du réseau
routier.
Point d :
Les traversées de route pour entrer ou sortir des pistes cyclables
créent des situations accidentogènes lorsque les conditions
de sécurité ne sont pas totalement remplies. C'est le cas
des accès aux pistes cyclables sur les routes à forte et
rapide circulation, et en sortie de giratoire. Les cyclistes ont des difficultés
pour traverser la chaussée, y compris à pied, "le vélo
à la main".
Ces échanges seraient plus sécurisants, s’ils étaient
systématiquement réalisés dans des espaces à
circulation apaisée, à l'intérieur de petits giratoires
ou le cycliste n'a aucunement besoin d'aménagement spécifique.
En résumé, 10 actions prioritaires :
• limitation des îlots en dur pour
les TAG, favoriser les marquages "zébra", respect de
la recommandation du Certu sur leur longueur. (maximum 70 m),
• réalisation systématique des By-Pass protégés
pour les cyclistes,
• en agglomération généralisation des coussins
"lyonnais",
• création du panneau "Interdiction de doubler un
cycliste",
• officialisation du panneau "Je dépasse, 1,50 m",
• modification du Code de la route en autorisant le franchissement
d'une ligne blanche continue, pour doubler un véhicule lent et
si les conditions le permettent,
• prise en compte des "points noirs" sur les pistes cyclables
et les Voies vertes,
• hors agglomération coloration des accôtements revêtus
utilisés par les cyclistes (ou des bandes cyclables),
• généralisation des "décrottoirs"
et des mises à niveau aux entrées et sorties des pistes
cyclables et Voies vertes,
• réalisation et diffusion de spots télévisés
sur les pratiques cyclistes (dangers et particularités).
Témoignages
Le problème des rétrécissements de chaussées
ne comportant pas d'échappatoire ("By-Pass" ou trottoir
assez large commun aux piétons et deux roues légers) pour
les cyclistes, est le point noir le plus sensible pour ces usagers. Cet
aspect dangerosité bien sûr n'échappe pas à
de nombreux responsables et techniciens de la route, mais il reste trop
souvent à l'état d'interrogation et sans solutions sur le
terrain.
Certains pourtant sont allés plus loin et rejoignent les vues de
la FFCT dans ce domaine. Le département de la Drôme (membre
de l'Association des départements cyclables ) en la personne de
Monsieur Janick Sylvestre a relancé auprès des services
compétents la proposition de la FFCT, quant au principe de création
du panneau "Interdiction de doubler un cycliste" (voir en annexe
le plan du prototype, et les courriers s'y rapportant).
Les arguments de Monsieur Sylvestre adressés au président
fédéral FFCT Dominique Lamouller, (courrier faisant suite
au refus de la proposition FFCT par Monsieur Rémy Heitz, délégué
interministériel à la Sécurité routière)
sont en total accord avec la vision qu'ont les cyclistes sur la stratégie
de cette démarche de sécurité routière.
Le conseil général du département de la Drôme
a depuis plusieurs années une véritable politique sécuritaire
très appréciée par les cyclistes en général
et plus particulièrement hors agglomération et en inter-urbain
(traitement des giratoires et réalisation d'accotements revêtus
sur l'ensemble des axes routiers du département).

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