Pas le temps de s'echauffer pour escalader le col d’Izoard qui
démarre au pied de la ville de Briançon. Cervières
petit village paisible, naturel et sauvage, avec ses deux églises
dont St Michel datant du 15ème puis la longue montée à
travers sapins et mélèzes pour déboucher tout en
haut au refuge Napoléon et son sommet qui culmine à 236O
m. Arrêt indispensable à la stèle des deux champions
cyclistes Coppi et Bobet après la célèbre Casse Déserte.
Avant d’arriver à Guillestre, entre le parc national des
Ecrins et le parc naturel régional du Queyras pour l’arrêt
pique-nique de midi, nous avons suivi le cours tumultueux du Guil renommé
pour ses truites méditerranéennes.
Dès le repas nous quittons la salle aimablement mise à notre
disposition par la municipalité pour une nouvelle escalade d’une
partie du col de Vars, station de sports d’hiver, sa piste de Chabrières
pour un record du monde de vitesse en descente et pour ses célèbres
Six jours de Vars cyclotouristes qui démarrent ce soir. Comme il
est dit durant cette célèbre organisation : "Les participants
pourront venir picorer les étoiles".
Ce soir récupération à la fraîche.
Impression d’un cyclo : Gilbert n° 28
Départ de Briançon pour Vars, pour l’ensemble des
participants à 8 h. Dés la sortie de Briançon le
panneau indicateur nous informe «col de l’Izoard à
17 km» et la route commence à s’élever. Le pourcentage
se situant entre 7 et 9% jusqu’à 11 voire 12% par endroit
se fait bien vite ressentir dans nos jambes, déjà marquées
par 1900 km.
Le temps s’annonce beau et le soleil illumine déjà
les hauts sommets en partie enneigés pour certains. La température
est aussi agréable et pourrait correspondre à une «température
climatisée» comme dirait mon ami Mario. La route serpente
entre de belles forêts de sapins, longeant une rivière avec
une eau pure venant des derniers névés.
Petit à petit le peloton s’effiloche et chacun prend son
rythme de croisière. L’ambiance est très chaleureuse
et chaque doublant lance un mot d’encouragement au doublé
qui lui répond par un geste, une parole, ou un sourire, suivant
son état de forme. Ah quelle bonne idée ont eu nos organisateurs
de mettre nos prénoms sur nos plaquettes de vélo, ce qui
nous permet plus facilement de nous côtoyer par nos prénoms
plutôt que par nos numéros.
La montée se fait entre 7 et 9 % avec quelques virages à
plat ce qui permet de relancer l’allure ou de récupérer
un peu. Certains montent facile, d’autres piochent dans leur réserve.
A 2 km du sommet, le CNO propose un ravitaillement, apprécié
par ceux qui ont les bidons vides. Les derniers kilomètres sont
à découvert, ce qui nous permet de voir d'en haut, la vallée
que nous avons remontée et la multitude de lacets de la route ou
s’égrènent les maillots orange tel un chapelet.
Enfin le sommet de l’Izoard à 2360 m. Tout le monde est content
de le franchir et en apprécie d'avantage la vue qui est magnifique.
Les séances de photos vont bon train et les appareils passent de
main en main.
Nous entamons la descente vers Guillestre. Après environ 2km arrêt
et séances photos à la stèle érigée
en l’honneur de Fausto Coppi et Louison Bobet, avec toujours cette
superbe vue des montagnes lunaires d’où surgissent des stalagmites
géantes. Encore quelques coups de pédales et nous voilà
sur un site nommé la «Casse Déserte» d’où
le panorama est indescriptible et féerique. Nous continuons notre
descente dans la vallée du Guil, où nous traversons des
superbes gorges, où l’on peut assister à une partie
de raftings.
Arrivée à Guillestre pour notre pique-nique quotidien.
Pour la suite nous prenons la direction de Vars, et dès la sortie
de Guillestre la route s’élève à nouveau avec
toujours des pourcentages entre 7 et 9 %. Après 13 km de montée
sous un soleil de plomb, nous arrivons à Vars Ste Marie.
En résumé, ce fut une demi étape sous un magnifique
soleil, très dure pour nos petites jambes, mais bien vite oublié
par ces panoramas exceptionnels et idylliques.
Le vélo «engin de souffrance par moment» mais quel
bonheur quand on peut vivre une telle aventure.